PROGRAMME D'ACTION

II – La stratégies, lignes d’action et tâches prioritaires du CNES

A-   Les valeurs et les objectifs stratégiques du CNES.

          Le grand acquis des années 1990 est d’avoir une structure syndicale au quotidien. La grève des trois mois de 1996 a permis aux enseignants de se réapproprier le CNES et de participer à la construction de leur syndicat en le structurant de la base. La dynamique revendicative et les actions menées par des milliers d’enseignants du supérieur depuis le premier congrès, qui a permis de définir le socle des valeurs et des lignes d’action du syndicat, ont été autant de champs de mise en pratique et d’affinement de ces valeurs et lignes d’action.

          Ce socle a permis au CNES de sauvegarder sa cohérence et de résister convenablement aux stratégies  visant le laminage du syndicalisme dans notre pays par le biais de la compromission de ses élites et de la précarisation des collectifs des travailleurs pour leur imposer la culture de la soumission. Le CNES a pu s’imposer grâce à cette nouvelle éthique syndicale, fruit des luttes des enseignants du supérieur, en se forgeant une image de marque enviable dans le mouvement social et syndical et devenir une référence importante dans la construction d’une alternative syndicale, dont le besoin se fait sentir de manière pressante dans notre pays. Ces valeurs jouent la fonction de véritables anticorps et constituent la trame essentielle du tissu psychosocial qui réunit les adhérents du CNES, éclaire et potentialise leurs contributions variées à tous les niveaux de la structure syndicale ; cette trame est constituée des pierres angulaires suivantes :

-         Syndicat national et unitaire ;

-         Syndicat démocratique et autonome ;

-         Syndicat représentatif et revendicatif  ;

-         Syndicat corporatiste et solidaire  des luttes des autres catégories de travailleurs;

-         Syndicat force de proposition et de critique ;

-         Syndicat pacifique et constructif ;

-         Syndicat respectueux de l’éthique universitaire.

-    Syndicat attaché à l’intérêt général et soucieux du développement du  pays et de l’épanouissement des libertés démocratiques.

     Le CNES doit prendre pleinement en compte la dimension éthique fondamentale de notre métier. Etre un enseignant du supérieur, c’est un choix qui est fait  tant par passion de la connaissance que par vocation de la transmettre aux jeunes générations pour diffuser les progrès scientifiques et intellectuels. La relation à la recherche, à la connaissance en gestation est par conséquent le premier centre d’intérêt de l’enseignant du supérieur soucieux de l’avancée des connaissances dans le but de les transmettre pour leur appropriation par le plus grand nombre et leur utilisation pour satisfaire les besoins sociaux.   Cette relation à la recherche passe par la conquête et le respect du droit effectif pour chaque enseignant du supérieur, à exercer une activité de recherche scientifique.

             La vocation de formateur et la grande responsabilité sociale qu’elle engage se traduit par la préoccupation permanente du travail bien fait et l’obligation de ne verser dans aucune pratique susceptible de grever la formation des étudiants et de porter atteinte à l’image du métier et à la place de l’enseignement supérieur dans la société.

             Dans le contexte actuel caractérisé par la déliquescence des valeurs , les pouvoirs publics et les responsables d’établissements, en fermant les yeux sur les dérives de toutes sortes, cherchent à annihiler l’éthique professionnelle des enseignants du supérieur et à les pousser à exploiter tous les palliatifs possibles pour boucler leurs fins de mois, poussant cette logique jusqu’à empiéter sur la qualité des activités pédagogiques. Dans cette problématique, le recours des adhérents du CNES au combat syndical et à l’utilisation du droit de grève pour améliorer leurs conditions socioprofessionnelles, se présentent comme une attitude et une alternative de haute valeur citoyenne face aux comportements individualistes qui sapent les fondements éthiques de notre fonction. Cette éthique s’appuie sur d’autres valeurs fondamentales : respect de l’autre, tolérance, réciprocité, esprit critique, regard positif du corps social sur l’enseignement et la recherche scientifique et sur sa place dans la société.

         C’est fort de ces repères  que le syndicat CNES doit être très vigilant quant au caractère collectif et démocratique de son mode de fonctionnement pour que chacun puisse vivre un engagement libre et cohérent avec le sens de notre métier.

- Les objectifs stratégiques  de ce syndicat sont :

1-     la revalorisation du statut professionnel et social des enseignantes et des enseignants universitaires et la défense du métier d’enseignant chercheur contre l’émiettement et la dépermanisation directe ou indirecte;

2-     contribuer à la démocratisation de la gestion et de la vie universitaire ;

3-     favoriser par son activité syndicale la mise en place des conditions d’une formation  de qualité pour les étudiants, futurs cadres à tous les niveaux ;

4-     lutter contre le démantèlement du service public en général et de l’enseignement supérieur en particulier , pour le développement de l’université et de la démocratisation de l’accès au savoir à tous les niveaux du système éducatif;

5-     un apport spécifique au développement de la démocratie et de la solidarité syndicale ;

6-     la contribution au développement et au progrès culturel, scientifique, intellectuel, technique, social et économique du pays ;

7-     le caractère de partenaire social à part entière, que le CNES doit arracher.