PROGRAMME D'ACTION

B3-La défense et la promotion du service public de l’enseignement supérieur et des services publics essentiels et l’appui au développement humain dans le pays.

         1-combattre la stratégie de démantèlement du service public de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique par la mobilisation de toutes les composantes du secteur ( y compris les œuvres universitaires).

       A l'heure où la science et la technologie occupent une place centrale dans la création de richesses, le développement socio-économique et la compétition internationale, le service public de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique ( et, plus largement, le secteur d'éducation formation) devrait constituer une ligne de force stratégique de la politique de l'Etat et un atout majeur pour la relance économique du pays et pour l'avenir de ses jeunes générations.

     L'éducation formation ne sont plus un simple coût budgétaire mais constituent un véritable investissement et un levier irremplaçable du développement économique, social et culturel, de la socialisation et de l'intégration voire, dans les conditions  de l'Algérie, de la cohésion sociétale.

     Compte tenu des prévisions de croissance des étudiants officiellement admises ( 1 million d'étudiants en 2008) pour que l'université algérienne se rapproche des normes universelles en matière d'encadrement, elle doit recruter annuellement au moins 4.000 enseignants par an, doubler ou tripler les budgets de la recherche scientifique et de la formation en post- graduation et accroître très significativement la réalisation et le niveau d'utilisation de ses infrastructures et de ses équipements pédagogiques et scientifiques, et, parallèlement, de ceux des œuvres universitaires ; tout cela, sans oublier les impératifs de l'équilibre entre les régions et l'aménagement du territoire. Malgré les efforts consentis par l'Etat ces dernières années, les déficits absolus et relatifs continuent de s'accumuler et notre secteur a besoin de toute urgence, d'une projection multidimensionnelle d'ensemble sur un horizon au moins quinquennal, projection dont la réalisation doit être garantie par l'Etat.

            Plus grave, la politique de démocratisation dans l'accès à l'enseignement supérieur, risque de laisser place à une université à deux vitesses, les grandes écoles formant l'élite avec des moyens conséquents et les simples établissements universitaires étant destinés à la masse qui recevra une formation au rabais ; cette velléité de nature néo-libérale correspond à une poursuite de la politique de fuite en avant appliquée à notre secteur depuis plus de 10 ans. Cette hypothèse semble encore confirmée par les projets de réforme des œuvres universitaires et de l’organisation pédagogique qui risquent, respectivement ,   de restreindre fortement l'accès des élèves issus des milieux défavorisés et de sacrifier la formation d’une grande partie des apprenants qui sera cantonnée dans de pseudo licences de trois ans  caractérisées par l’insuffisante formation de base et l’absence de préparation professionnelle, ce qui ne manquera pas de se traduire par une exacerbation du chômage de cette catégorie  de diplômés.

            S'agissant de l'enseignement supérieur, cette option néo-libérale, en limitant de façon draconienne les effectifs destinés à recevoir une formation de qualité, signifie de plus l'acceptation par la nation du sous encadrement extrême de l'économie  nationale, sous encadrement  inhérent aux résultats très médiocres du système éducatif depuis près de deux décennies ayant induit la très forte prééminence du personnel non qualifié ou sous qualifié dans tous les secteurs. Le CNES estime qu'il y a lieu de ramener le maximum d'établissements  et de  filières de formation universitaire à un niveau de standard similaire à ceux  des pays développés (niveau élevé, polyvalence, articulation aux besoins du pays ) .

            De manière plus générale la conduite du secteur universitaire doit cesser d'être l'objet de décisions mimétiques (cas de l'expérience des troncs communs en 1998, cas du système L.M.D. projeté) mais reposer sur un projet de développement fondé sur un diagnostic de ce qui se fait dans les universités, une connaissance rigoureuse des besoins  à moyen et long termes des secteurs économiques et sociaux, de même que ceux de la jeunesse pour laquelle l'acquisition de compétences et de qualifications les plus élevées possibles représente un levier d'intégration et de socialisation irremplaçable.

            Si le service public de l'enseignement supérieur a sans doute grandement besoin d'une modernisation et d'une rationalisation de sa gouvernance, de sa gestion et de son fonctionnement, ces impératifs ne peuvent être réalisés sur les modalités de l'entreprise ( précarisation des ressources humaines, démarche de rendements ou d'économie monétaire, autonomie factice orientée vers une logique d'économie de ressources, mise en concurrence, surcharge des personnels formateurs ...), mais doit s'appuyer avant tout sur la réunion de toutes les conditions requises par l'efficacité des activités pédagogiques des scientifiques ; ceci implique d'une part le renforcement du système de gestion des ressources et activités ( prévision, planification, programmation, évaluation) et d'autre part une démocratisation de la gestion et du fonctionnement de l'université permettant le contrôle aux niveaux opérationnels par la participation des composantes aux processus  de décision et leur transparence. Pour le CNES ,revendiquer la démocratisation de la gestion des établissements n'est pas synonyme  d'une recherche de partage du pouvoir : plus fondamentalement, cela vise   la rationalisation de cette gestion et la recherche d'une meilleure performance des activités dans le service public de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique , qui continue de subir une logique de conduite « beylicale »  et la culture du clanisme et du clientélisme aux dépens de ses missions pédagogiques et scientifiques. La gestion participative permet en outre de responsabiliser tous les acteurs, sur les tâches relevant de leurs prérogatives, pour réaliser les objectifs définis et acceptés, ouvrant la voie à la conception et la réalisation collective de projets d'établissement correspondant avant tout aux besoins réels des activités pédagogiques et scientifiques de chaque université, dans un cadre contractuel avec les autorités de tutelle et les opérateurs de l'environnement.

      Le développement de la recherche scientifique et l'amélioration de l' « employabilité » des diplômés  passent précisément par une ré-articulation de l'université à l'environnement socio-économique, par une ré-articulation de la formation et de la recherche (notamment au niveau de la post-graduation), par une politique ambitieuse et équilibrée des grands équipements scientifiques et par la stabilisation des enseignants de rang magistral au niveau des établissements des petites et moyennes villes universitaires. Si l'environnement socio-économique est appelé à contribuer progressivement au financement des activités de recherche, le CNES estime qu'il appartient actuellement à l'Etat de pourvoir à l'essentiel du financement, notamment pour ce qui relève de la recherche fondamentale

Le CNES doit contribuer  à une politique moderne de l’université, visant en particulier l’actualisation et la diversification de la carte de formation et de recherche, dans l’objectif stratégique de répondre aux besoins de l’économie nationale et de limiter au mieux le chômage des diplômés. Cette politique doit  intégrer la nécessaire participation des composantes de la communauté universitaire et des représentants de l’environnement socio-économique avec lequel il convient de mettre en place des mécanismes de concertation porteurs et permanents.

            Le CNES revendique l’autonomie des établissements universitaires par rapport à l’emprise administrative et centralisée, dans le respect de leurs missions de service public et évitant le danger et les conséquences néfastes d’un pilotage par la logique marchande et monétariste.

            Le CNES œuvre  pour l’émergence d’une université Algérienne :

-         où la prévision, la performance et la rationalité prendront une dimension stratégique ;

-         où la pédagogie et la recherche scientifique primeront sur la bureaucratie et les pouvoirs administratifs ;

-         où les carrières, les rémunérations et autres avantages seront organisés en rapport avec l’activité pédagogique et scientifique réelle et non avec les stratégies rentières et parasitaires  où la transparence, la communication et la participation remplaceront l’autoritarisme oligarchique et le règne de la « médiocratie »

-         où les traditions et l’éthique universitaires remplaceront l’anomie, le laminage par le bas et l’ankylose.

            Le CNES doit initier une réflexion critique de fond sur les réformes projetées pour le secteur en y impliquant les autres forces syndicales et associatives concernées. La réflexion collective du CNES doit déboucher sur sa contribution spécifique à l’élaboration d’une projection d’ensemble de l’université Algérienne et la proposition de pistes de réforme alternatives, en prenant en compte la situation de délabrement actuelle et les exigences de l’avenir du pays, pour lequel l’université, loin d’être un simple coût budgétaire, doit au contraire jouer un rôle moteur et occuper une place de choix comme investissement stratégique.

A ce niveau global, le CNES doit  interpeller  de toute urgence l'autorité de tutelle sur l'opacité et le travail en solo qu'elle continue de préférer quant à l'élaboration des grands projets concernant le secteur  de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique. De concert avec les autres syndicats et associations du secteur, le CNES doit appeler les pouvoirs publics à ouvrir un débat national sur les enjeux, les objectifs et les moyens nécessaires pour l'enseignement supérieur et la recherche scientifique et sur l'organisation du service public de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique, avec la participation de l'ensemble de la communauté universitaire, débat qui doit s'étaler sur un semestre au niveau des établissements universitaires. Le CNES revendique à ce titre une concertation avec la tutelle sur les modalités d'organisation de ce débat, avec la participation des enseignants et des partenaires sociaux du secteur, dont le CNES, syndicat majoritaire des enseignants du supérieur.

           2- pour un  système éducatif garantissant une éducation-formation de qualité et une véritable démocratisation  de l’accès au savoir.   

            L’intérêt essentiel que porte le CNES à la réussite des étudiants, sa profonde préoccupation sur l’avenir social, économique et démocratique de la société et la complémentarité des luttes que mènent les enseignants, tous paliers du système éducatif confondus, amènent nécessairement notre syndicat à s’inquiéter sérieusement sur la situation et l’avenir du système éducatif. Les défaillances  et insuffisances quantitatives et qualitatives du système éducatif algérien sont de notoriété publique et les efforts importants accomplis par la nation pour éduquer et former ses enfants ne peuvent justifier une position de complaisance eu égard aux enjeux sociétaux fondamentaux inhérents aux dérives et aux carences caractérisant les établissements d’éducation-formation qui connaissent une situation encore plus grave que ce que le CNES ne cesse de dénoncer et de combattre au niveau de l’institution  universitaire. La récente levée de boucliers des pouvoirs publics et de leurs relais contre les enseignants organisés au sein du CNAPEST et du CLA ne nous rappellent que trop la répression et la stratégie antisyndicale que nous subissons dans notre propre secteur au fur et à mesure que les enseignants se mettent à poser et à exprimer radicalement les problèmes de fond inhérents à leur travail et leurs conditions sociales. Ainsi s’il était nécessaire d’avoir une preuve supplémentaire du marasme extrême qui règne au sein de l’école algérienne, la dynamique de protestation de nos collègues enseignants- particulièrement dans le secondaire- est amplement suffisante pour comprendre que le mal qui ronge les différents paliers et segments du système éducatif est très profond.

            Ce mal trouve ses bases d’abord dans la situation qui est faite aux enseignants poussés à recourir à des adjuvants dérisoires pour subsister. Cette situation est enracinée dans un statut socioprofessionnel archaïque qui infantilise l’enseignant et mutile son métier ; l’omnipotence bureaucratique, l’imposition de contenus éducatifs dépassés, la dégradation de conditions de travail, les contraintes budgétaires, les sureffectifs, l’insignifiance des mécanismes de motivation et l’absence d’une véritable  politique de formation et de perfectionnement des enseignants ont conduit l’école algérienne à une situation critique.

            C’est cette situation qui explique le caractère massif des déperditions scolaires et de l’échec aux examens, débouchant sur le rejet de pans entiers de la jeunesse sans que lui soient assurés les moyens intellectuels et les compétences professionnelles nécessaires pour répondre aux conditions permettant l’intégration socioprofessionnelle et assumer pleinement les responsabilités citoyennes.

            Un tel système éducatif ne permet qu’à une faible partie des cohortes d’apprenants d’accéder à la formation professionnelle pour avoir un métier, de décrocher le baccalauréat et de bénéficier de l’enseignement supérieur. La configuration actuelle du système éducatif est ainsi loin de correspondre aux exigences d’une économie productive moderne et compétitive car ce système génère massivement l’exclusion éducative et la non qualification.

            L’ouverture de l’éducation-formation à l’initiative privée ne peut constituer en soi une solution car, outre le fait que le développement du secteur privé se nourrit des défaillances du service public, la persistance des conditions actuelles de l’école publique va entraîner une fuite irrémédiable de son potentiel humain créatif, comme cela se passe dans l’enseignement supérieur. L’éducation n’est pas une marchandise mais un des fondements du lien social, de la citoyenneté et de la vie démocratique : ces attributs ne peuvent  être garantis par un secteur privé fortement attaché au profit immédiat .

            En plus de sa solidarité naturelle avec les luttes des enseignants des autres paliers et segments du système éducatif autour de leurs revendications, le CNES doit contribuer sous des formes multiples à faire pression sur les pouvoirs publics et à interpeller l’opinion politique pour que le service public d’éducation formation soit mis à la hauteur des besoins de la société. A ce titre, la gratuité ( y compris des manuels scolaires et la suppression des frais de scolarité), l’égalité de tous devant l’accès au savoir, la démocratisation de la gestion (participation des personnels, élèves, parents, à la gestion), la modernisation des programmes de formation et l’ouverture sur l’universel doivent constituer des valeurs essentielles du service public que le CNES s’engage à défendre ; le CNES doit rester vigilant devant les velléités de créer une école à deux vitesses à travers la politique des établissements dits d’excellence destinés aux enfants des puissants : l’excellence doit être l’objectif à réaliser au niveau de tous les établissements du secteur public par l’éradication de toutes les causes du marasme, avec pour objectifs, à moyen terme, de conduire au niveau du bac 50%  à 70 % de chaque cohorte d’élèves, l’essentiel du reste de la cohorte devant bénéficier de la formation professionnelle, et de rendre effectif et généraliser le droit à une formation et une éducation tout au long de la vie.

            Le CNES, en concertation avec les autres forces syndicales et associatives concernées, doit proposer et co-organiser un débat national sur le système éducatif et y contribuer fortement, comme il doit inscrire comme ligne constante dans ses activités le combat pour la promotion de la place de l’enseignant et du savoir dans les établissements et dans la société.

  3- Pour la préservation et le renforcement des services publics essentiels et la lutte  contre la politique de dépermanisation dans la fonction publique en général.

            La politique mise en œuvre par l’Etat depuis plus d’une décennie vise beaucoup plus à comprimer les dépenses qu’à améliorer l’efficacité des services publics d’éducation-formation, de santé, de l’administration territoriale etc.. Cette option se manifeste concrètement par une contractualisation et une précarisation sournoises des personnels, un démantèlement des principaux services publics dont des pans entiers sont livrés à la logique marchande, des choix budgétaires sans ambition, des procédures bureaucratiques d’affectation des ressources et un mode de décision autoritariste qui impose sans vergogne les politiques gouvernementales dans l’ignorance totale des partenaires sociaux. La société algérienne et l’Etat sont ainsi soumis à un dangereux processus de dé-construction et de dé-sencadrement qui livre la population aux pratiques mercantiles et « prébendières » au moment où le nombre de concitoyens vivant au dessous du seuil de pauvreté se chiffre par millions. Le processus de passage à un modèle sociétal de non-Etat, qui a conduit dans plusieurs pays sous développés à des ruptures graves de la cohésion sociétale, constitue, dans notre pays un des facteurs qui  contrecarrent structurellement son développement socio-économique  et son renouveau démocratique.

            De concert avec le monde syndical et la société civile, le CNES doit apporter une contribution de qualité dans les luttes pour la résistance contre le démantèlement des services publics essentiels dans notre pays et pour mettre en synergie le plus large front  possible d’acteurs sociaux et autres dans l’objectif stratégique de faire reculer de façon décisive la « marchandisation » des services publics de base et le désengagement de l'état des missions qu’il doit assurer. Les services publics ont pour vocation et mission de garantir l’égalité effective de tous les citoyens quels que soient leurs conditions socioculturelles et leurs lieux d’habitation; ils constituent un levier irremplaçable entre les mains de la collectivité nationale pour baliser les parcours des individus vers une socialisation positive  et un attachement aux valeurs sur lesquelles repose la vie républicaine : l’amour du pays, les attitudes civiques et les exigences de la vie démocratique et citoyenne.

          Les services publics dans le domaine de l’éducation-formation, la santé et la protection civile, la justice, la sécurité etc.. doivent être au cœur des préoccupations et des dépenses de l'Etat qui en garantit la continuité, l’égalité d’accès, l’adaptation, l’indispensable démocratisation et la vocation centrale de levier de solidarité et de cohésion sociétale irremplaçable.

         Le CNES doit œuvrer à initier et alimenter le débat intellectuel et la fédération des acteurs syndicaux et sociaux pour définir rapidement une véritable alternative à la politique et aux pratiques de déstructuration néo-libérale que subissent les services publics dans notre pays.

          L’un des axes principaux de la contribution du CNES se situe dans la prise en charge du dossier de la réforme de la fonction publique sur lequel notre syndicat doit rapidement occuper le terrain en développant sa propre vision et ses propositions.

4- Pour l’appui au développement humain dans notre société et une socialisation positive de la jeunesse.

              En plus des interventions prioritaires dans tout ce qui a trait au secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, aux autres composantes du système éducatif et aux autres services publics de base, le CNES doit élargir ses préoccupations intellectuelles à la situation et à l’avenir de la jeunesse  et aux autres facteurs qui structurent le développement humain de façon  plus générale.

            L’écart ne cesse de se creuser entre les modes de vie, de loisir et de consommation des couches supérieures, d’une part, et des larges couches populaires, d’autre part. La pauvreté, le manque de soins et d’hygiène publique, la précarité socioprofessionnelle, le chômage, la résurgence des grandes épidémies du passé, la progression de la consommation de drogues dures, l’exclusion scolaire massive, la marginalisation des syndicats autonomes, l’étouffement du mouvement associatif , l’Instrumentalisation des médias,... ont pris une telle ampleur qu’il est fortement risqué que la régression qu’ils accompagnent et amplifient s’impose à tous comme une nouvelle normalité dans notre pays, de même que la logique émeutière et la répression qui tendent à devenir le mode exclusif de régulation des conflits.

            Le développement de logiques émeutières à travers le pays traduit, en effet, le caractère paroxystique de la misère sociale, affective et culturelle et le règne de la HOGRA et de l’anomie au sein de toute la société. L’une des conséquences de cette situation consiste dans la perte de crédibilité des mécanismes de médiation sociétale fondamentaux que constituent en particulier le mouvement syndical,  le mouvement associatif et les médias écrits et audiovisuels.

            Il est aussi de la responsabilité du mouvement syndical et de l’ensemble des forces du mouvement social de s’impliquer par une rationalisation de la mobilisation citoyenne, et par l’élaboration de solutions pour résoudre ces problèmes et contrecarrer les graves dérives, notamment de la part des institutions de l’Etat. Le CNES doit se donner les moyens organisationnels idoines pour développer une activité intellectuelle intense pour faire prévaloir un développement humain et solidaire ; et pour démystifier et combattre la stratégie néo-libérale inavouée qui prétend construire l’avenir du pays dans l’intérêt exclusif des puissants par l’exclusion et la marginalisation du plus grand nombre.

            Au delà de cette démystification, le CNES doit apporter sa contribution intellectuelle propre et susciter celle des universitaires pour proposer et médiatiser les éléments d’une autre politique économique, sociale et d‘autres méthodes de gouvernance visant une meilleure répartition des richesses, un recul sérieux du chômage, de la précarité et la réinsertion économique, professionnelle , éducative et citoyenne des millions de jeunes et d’adultes laissés sur le carreau depuis plus d’une décennie .

            De façon particulière, le CNES doit intensifier ses relations avec le mouvement associatif estudiantin et des jeunes pour impulser la réflexion et le débat autour d’une politique de droits, pour tous les jeunes, à même d’assurer leur autonomie, leur santé, leur (ré) insertion éducative et professionnelle.

            De manière plus globale, le CNES doit être partie prenante d’une démarche d’ensemble visant à réunir les forces sociales et syndicales pour organiser un débat national sur un projet de développement alternatif qui répond aux besoins de la société algérienne