PROGRAMME D'ACTION

III- La construction du syndicat et son apport dans le front social et syndical.

   A- L’information et la communication (bulletin).

    B- La formation syndicale.

   C- L’expansion du syndicat.

   D- Le renforcement des structures nationales et la prise en charge des problèmes locaux.

   E- La participation à la construction d’une alternative et d’un front social démocratiques.

   F- Le CNES, ses partenaires internationaux et le mouvement pour une mondialisation sociale et démocratique.


III – La construction du syndicat C.N.E.S et son apport dans le front social et  syndical.

A – L’information et la communication doivent constituer un axe fonctionnel stratégique de la vie syndicale.

-   Il convient de repenser l’information et la communication au sein du CNES dans sa globalité. Ces changements passent par la transformation des rôles des instances, une répartition judicieuse des tâches et la mise en place de mécanismes et de leviers permanents de circulation de l’information. L’enjeu ici est majeur : il s’agit de gagner la « bataille des Idées ».

-   Le CNES ne doit plus retarder la création d’un bulletin syndical, comme il doit enclencher dans les meilleurs délais l’utilisation du Web et du courrier électronique. Les structures centrales du syndicat doivent programmer dans l’immédiat la réalisation de ces deux objectifs sur tous les plans (ressources humaines, logistique matérielle, procédures, responsabilités précises, coûts, prix…). Les coordinations régionales et les sections locales constitueront la cheville ouvrière du système de communication en alimentant le bulletin national par l’information concrète de la vie syndicale à la base, et en intervenant en fonction de leurs moyens dans la démultiplication et la diffusion du bulletin ; mais c’est au niveau des organes centraux du C.N.E.S que les moyens humains et matériels permettant l’élaboration de réflexions de synthèse et d’impulsion du système, doivent être réunis de toute urgence.

 

B- La formation syndicale, grande absente dans les activités du CNES , doit  constituer une préoccupation prioritaire.

      Cette tâche doit rapidement devenir une tradition dans la vie du syndicat tant les insuffisances accumulées à ce niveau se répercutent sur l’efficacité de l’action syndicale et cumulativement, auprès des pouvoirs publics, des autres partenaires  et surtout des adhérents. Les élus du CNES, notamment quand ils ont les charges de premiers responsables à tous les  niveaux, doivent être fortement outillés sur tout ce qui se rapporte aux lois et règlements régissant l’établissement, le secteur, l’activité syndicale, les droits et devoirs des enseignants, l’organisation de leurs activités, de leurs  carrières … de  niveau national et international, sur tout ce qui a trait à la politique du secteur, les grandes questions sociales et syndicales etc. … Il s’agit, par une activité de formation syndicale ciblée et programmée sur toute l’année, d’affronter le défi posé par la démographie et le départ de nombreux collègues anciens et ayant accumulé une grande expérience syndicale et de lutte. En un mot, il faut former la relève et gagner une nouvelle génération d’enseignants aux responsabilités syndicales.

Seul un responsable syndical disposant d’une bonne formation et capable d’apporter des réponses satisfaisantes aux demandes d’aides individuelles, dont le nombre et la complexité augmentent avec l’atomisation des situations et les dérives du fonctionnement des établissements. L’interactivité avec l’ensemble des collègues exige un syndicalisme ouvert, vivant, plus attentif aux préoccupations réelles, alliant la force de l’appareil syndical et le dynamisme d’interventions multiformes, un syndicalisme de terrain et de transformation touchant le plus grand nombre possible d’établissements.

Compte tenu de cette philosophie de l’action syndicale, l’exécutif national et le conseil national du CNES sont chargés d’élaborer un programme national de formation syndicale, et de le mettre en application sur toute l’année.

Cette formation peut faire appel à l’aide de formations syndicales au niveau national ou à l’étranger et doit être dotée d’un budget et de moyens  au même titre que la fonction information qui lui est intimement liée.

C- l’indispensable expansion du CNES vers l’ensemble des établissements du supérieur.

     - Le CNES doit capitaliser la forte représentativité et l’image enviable qu’il a par une structuration dans tous les établissements universitaires ; la priorité est donnée à la structuration des quelques grands établissements , des petits établissements, des établissements éloignés et non organisés au sein du CNES. Le CNES doit établir des structures de regroupements régionaux afin d’homogénéiser le travail et libérer l’initiative des coordinations régionales, et veiller à une représentation équilibrée des régions dans les structures ou bien dans les instances nationales du CNES. Le CNES doit se doter d’un véritable appareil de fonctionnement caractérisé par des finances à la mesure des défis et d’une logistique où l’aspect communication doit être privilégié ( bulletin syndical ) et veiller à garantir l’indépendance du syndicat par rapport à l’administration notamment sur le plan logistique et financier. Il doit surtout définir une répartition  des tâches sérieuse ce qui est le seul garant de la fonctionnalité et de l’efficacité du CNES. Un effectif de 10.000 adhérents cotisants est à la portée du C.N.E.S pour peu que la fonction organique soit bien individualisée ( division du travail), renforcée et que ses méthodes de travail soient modernisées : responsabilisation des élus en charge des tâches organiques, programmation des activités, évaluation des résultats et actions correctives pour atteindre sans failles les objectifs fixés. Au delà du nombre et de l’expansion dans le plus d’établissements possible, le C.N.E.S doit faire un effort particulier, pour combler les déséquilibres disciplinaires de ses effectifs d’adhérents, en direction des enseignantes, des facultés et des départements de droit, d’architecture, de lettres et sciences humaines …et en direction des enseignants de rang magistral.

-   Le CNES doit se prémunir financièrement. La recherche des adhésions est l’objectif premier pour garantir un fonds de cotisations. La recherche de subventions et aides de l’Etat ne doit pas être négligée en s’appuyant bien sûr sur  les possibilités de la loi.

-   Le conseil national est appelé à étudier la question de l’élargissement du syndicat à d’autres catégories d’enseignants ( hospitalo-universitaires, vacataires, post-graduants), et, le cas échéant, à intégrer leurs préoccupations et contraintes spécifiques en matière de programme de revendications, de formes de participation à la vie organique du syndicat.

-   Le CNES doit garder et développer des liens avec la communauté universitaire émigrée et lui permettre de participer  à la réflexion  et à la réalisation du projet du CNES pour l’épanouissement de l’université Algérienne.

-   Le CNES doit encourager l’adhésion et la structuration en son sein des enseignants Algériens résidents  à l’étranger.

         Le congrès demande aux instances nationales du CNES un plan de travail concret avec délais et responsabilisation, pour mettre en place des structures syndicales démocratiques, là où elles n’existent pas, comme tâche urgente. Pour cela il y a lieu de tenir un conseil national spécial sur la structuration et d’organiser   à terme une conférence nationale des sections locales pour étude et règlement des problèmes de structuration.

 Le CNES doit  être un syndicat démocratique dans son fonctionnement et un espace de libres débats. Il doit éviter une centralisation excessive de son fonctionnement et dans ses décisions en recherchant surtout la concertation et le débat les plus larges quant aux dossiers importants. Le CNES doit « professionnaliser » son fonctionnement en revendiquant le principe d’une décharge partielle de syndicalistes conformément à la loi syndicale et en confortant les délégués ou responsables militants élus par une contribution concrète et souple d’enseignants spécialistes / experts aptes  à aider le CNES  à élaborer des dossiers, à mettre en forme des statistiques, à aider sur le plan juridique ou à former les syndicalistes sur le terrain de la revendication et de la négociation. La formation syndicale, de ce point de vue, ne doit pas être négligée.

- Le CNES  doit porter le souci de la syndicalisation au delà de la symbolique du nombre et lui consacrer des moyens et une autre ampleur. A ce titre, le CNES  doit être un espace de réflexion, un moyen de mobilisation , d’intervention, d’action. Le CNES doit être une force de proposition et un outil de défense des enseignants d’abord sur le terrain des réalités quotidiennes.

 

D- Le renforcement des structures nationales et la prise en charge des problèmes  des établissements doivent faire l’objet d’une véritable stratégie et de décisions urgentes.

Il y a lieu d’abord de donner plus de poids aux structures d’établissement et de région non seulement dans leurs prérogatives d’appuis multiformes, mais surtout en faisant de la vie syndicale dans l’établissement un des centres d’intérêts majeurs de l’activité du syndicat, y compris de sa direction nationale.

L’appareil central du syndicat  n’aura pas pour seules tâches de préparer les grands dossiers et de diriger et suivre les activités nationales , mais aura aussi à prendre en charge en priorité les tâches multiples de soutien aux sections d’établissement, ce qui implique le nécessaire renforcement de l’exécutif national par un ensemble de commissions permanentes ( ou d’élus adjoints à ceux du Bureau National) intégrées ou non au bureau national et articulées fonctionnellement aux différents responsables de l’exécutif national.

Les relations entre la direction nationale et les sections doivent faire l’objet d’une responsabilisation précise et de mécanismes clairs (suivi régulier de l’organisation des sections, réunions périodiques et décentralisées des membres de l’exécutif national avec les sections, formation syndicale…).

         A la fois proche du terrain, en prise avec les réalités et fortement structuré, présent dans tous les espaces que les lois et règlements lui ouvrent et interlocuteur privilégié et bien armé des pouvoirs  publics et des chefs d’établissements : c’est  seulement en modernisant ses structures et ses méthodes de travail que le CNES pourra regagner en capacités de mobilisation et d’action et assumer pleinement sa vocation.

 La prise en charge  de la réflexion de fond sur tous les aspects concernant le secteur universitaire et l’élaboration des grands dossiers intéressant  le syndicat CNES doivent constituer des préoccupations centrales.

Pour cela le CNES doit se donner, au niveau de son exécutif central, les moyens organisationnels permettant de mener des réflexions approfondies sur toutes les questions de fond inscrites dans le programme d’action et, en particulier, élaborer des dossiers sur les revendications les plus importantes des enseignants et du syndicat, notamment les questions prioritaires suivantes :

- salaires, statut, retraite des enseignants;

- partenariat social du CNES ;

-   réforme de la fonction publique ;

-   réforme de l’organisation pédagogique, (LMD), recherche scientifique ;

-   organisation, fonctionnement et développement de l’université ;

-   question du logement des enseignants .

        La formule « commissions de travail informelles » ne permet pas une responsabilisation et une continuité suffisantes à même d’élaborer à temps les documents qui constituent des outils essentiels pour que le CNES puisse mener efficacement ses activités, en particulier durant les phases de conflit et de dialogue avec les pouvoirs publics et de concertation avec les autres partenaires. Il y a lieu par conséquent de charger explicitement des membres de l’exécutif national et du Conseil National de cette fonction de réflexion et dossiers, s’il le faut de manière exclusive de toutes autres activités.   

      Pour  matérialiser un schéma organisationnel  plus efficient à tous les niveaux, le CNES doit impérativement améliorer son organisation et son fonctionnement. Cela passe des mesures urgentes dans le but de :

     i- mieux gérer la logistique et les finances du syndicat par une  responsabilisation des sections quant à l’obligation de contribuer au financement des moyens et activités centrales et par la  définition de procédures rigoureuses d’engagement, de circulation, d’enregistrement et d’évaluation des finances, avec élaboration d’un bilan financier annuel à la disposition des adhérents au niveau de chaque section ;

    ii-  mieux outiller le conseil national par un  travail de préparation régulier au niveau de l’exécutif national et par une meilleure organisation de ses activités ;

   iii- renforcer et fonctionnaliser réellement le bureau national par une organisation de type bicaméral, comprenant un bureau national exécutif ( avec division fonctionnelle du travail entre ses membres) et implication de membres du Conseil National chargés d’activités particulières qui ne relèvent pas étroitement du fonctionnement général (confection du bulletin, formation syndicale, suivi des problèmes locaux …), dans le cadre d’un programme  de travail étalé sur toute l’année ;

    iv- mieux identifier la coordination nationale et les coordinations régionales  en clarifiant leurs prérogatives  ;

   v-   mieux définir l’organisation et les règles de fonctionnement des conseils, bureaux et autres organes des sections locales et installer les conseils de discipline aux niveaux requis.

Cette réorganisation doit figurer  explicitement pour une part dans les statuts du CNES (aspects essentiels) et pour une autre (aspects plus concrets) dans le règlement intérieur, avec possibilités d’adaptation compte tenu des  contraintes ou potentialités locales particulières.

E- La participation du CNES  à la construction d’une alternative et d’un front social démocratiques.

Eu égard à ce qui peut être attendu d’un syndicat d’enseignants universitaires, le CNES est quasiment aphone sur de nombreuses questions majeures plus ou moins étroitement liées à son principal domaine d’intervention, parmi lesquelles : les réformes du système éducatif, de la santé, de la fonction publique, de la justice, de l’économie, de l’Etat, etc. …

Le CNES ne joue pas de rôle palpable dans la vie publique et sociale, laissant la monopole à la ligne de compromission de l’UGTA.

Le CNES rencontre en effet beaucoup de difficulté à se donner les moyens d’analyser, de formuler des alternatives, de les « visibiliser » et de les défendre par des démarches de mobilisation unitaires, même symboliques. Ces faiblesses sont sans doute à rapprocher de la modicité de la réflexion et du débat à l’intérieur même du syndicat CNES sur toutes ces questions qui interpellent naturellement les enseignants universitaires et leurs syndicats. Du fait de ces insuffisances le CNES a beaucoup de mal à concevoir son rôle spécifique et la ligne qui lui permettront d’optimiser son apport dans le mouvements social et syndical.

Les enjeux vitaux pour la société ne peuvent qu’intéresser le CNES ; mais notre syndicat ne peut objectivement se permettre d’intervenir frontalement et à chaud dans toutes les luttes. Le rôle spécifique du CNES est avant tout d’éclairer les parcours et de capitaliser les expériences, tâches beaucoup plus complexes et plus prenantes que l’activisme.

D’autre part il est nécessaire que le CNES organise efficacement ses interventions et améliore ses méthodes de travail pour optimiser l’allocation de son potentiel d’animation, notamment au niveau central, entre ses activités structurantes et celles qui correspondent aux sollicitations « extérieures » (partenaires syndicaux, associatifs, événements …). Il ne doit jamais  être indispensable que toutes les énergies du syndicat soient accaparés par un conflit ou un événement. Le CNES, après évaluation des enjeux, doit poser explicitement les termes de l’équation d’allocation de ses ressources, particulièrement humaines, dans le but de ne pas léser la conduite et le réalisation de ses projets structurants. Cette démarche permettra de déterminer ce qui peut être consacré aux sollicitations « extérieures » et le (ou les ) niveau (x) et fonction (s) de l’appareil qui en a (ont) la charge ou celui – ceux- qui constituera (ront) le groupe de travail ad- hoc pour répondre aux situations imprévues ou exceptionnelles, sans handicaper lourdement  la vie de notre syndicat.

Seule une bonne allocation des ressources humaines animatrices du syndicat permettra non seulement de mener à bien les préoccupations  prioritaires du CNES, mais aussi de jouer un rôle significatif dans les questions qui intéressent les partenaires syndicaux, associatifs, et la société (emploi, précarité, exclusion, fiscalité, défense des droits essentiels, démocratie, développement…).

L’apport du CNES sur ces questions ne peut être tangible qu’à condition de développer des convergences du plus grand nombre possible d’organisations syndicales et d’acteurs sociaux, en particulier ceux qui se battent pour les préoccupations  du développement humain (notamment de la jeunesse) et de façon générale autour des valeurs de respect de la dignité, de justice, de solidarité , d’Etat de Droit et de démocratie.

        L’expérience que le CNES a tiré de  ses relations avec d’autres syndicats en Algérie ne permet pas d’envisager à court terme de regroupement organique réellement porteur . La constitution de 1989 a permis l'émergence au niveau des classes moyennes (administration, éducation, santé, université)  d'un syndicalisme appelé "syndicalisme autonome" par opposition au syndicat UGTA, considéré à l'époque, comme le syndicat de l'ex parti unique. Il est clair qu'aujourd'hui,  que le concept de "syndicat autonome" n'est pas opérationnel; nés dans l'euphorie de l'ouverture démocratique de l'après-octobre 1988, les syndicats "autonomes" (pour la plupart d'entre eux) ne le sont en réalité pour des raisons historiques, que de l'ex parti-unique! La construction d'une alternative syndicale démocratique et revendicative avec l'ensemble des syndicats (y compris avec  certaines fédérations combatives de l'UGTA..) qui luttent sur le terrain doit constituer un axe stratégique du syndicat CNES dans le moyen et long  termes.

A ce titre le CNES doit mener des débats fins sur les stratégies et les programmes des partenaires et se donner lui-même les moyens (définir les finalités, les étapes, les méthodes) de construction de relations de partenariat intersyndical (et autres) maîtrisées, prioritairement en direction des acteurs de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique, de l’éducation- formation, de la santé publique, de la fonction publique …

          Il y a lieu d’abord de favoriser les convergences syndicales les plus larges pour résister aux  stratégies antisyndicales et antisociales  et construire des alternatives aux politiques de gouvernement concernées. A cet  effet, la grève des trois jours le 14/15/16 avril 2002 du syndicat CNES avec certains syndicats de la fonction publique (malgré la faiblesse d'implantation et le manque de culture syndicale de la plupart d'entre eux) a montré qu'il était possible de construire une alternative syndicale démocratique et combative avec des actions concrètes sur le terrain, autour de revendications communes. La défense du secteur public, la revendication d'un statut de la fonction publique ainsi que l'amélioration des conditions socioprofessionnelles des fonctionnaires, constituent des revendications communes pour la création à partir du terrain de cette  alternative syndicale démocratique et revendicative.

Dans autre étape, le CNES doit développer une démarche de construction de leviers permanents et structurels qui permettront d’assurer la veille collective et de réfléchir aux stratégies et programmes d’action communs (comités de liaison avec programmes de travail).

La construction de synthèses confédératives est une autre étape qui ne peut intervenir qu’après un mûrissement approfondi et une adhésion réelle des adhérents de l’ensemble des partenaires concernés. De ce fait toute décision d’aller vers une fédération ou une union organique requièrent au moins l’accord de l’ensemble des structures de base du syndicat et la validation par un congrès éventuellement  extraordinaire.

      F- Le CNES, ses partenaires internationaux et le mouvement pour une mondialisation sociale et démocratique.

           Le CNES doit développer méthodiquement des relations porteuses au niveau international en priorité avec les syndicats similaires et les organismes internationaux chargés des relations de travail .

Sept ans après le 1er congrès, les relations du CNES avec les syndicats de l’éducation et de l’enseignement supérieur au niveau international  demeurent très faibles, voire quasiment symboliques : à part la FSU et le SNESup (France) qui nous transmettent leurs bulletins , quelques contacts épisodiques ont été faits avec le SNESup (Maroc) et quelques courriers échangés avec le BIT.

Parce que des relations fortes avec nos partenaires syndicaux et avec les instances internationales du travail (OIT, BIT,…) revêtent une importance cardinale en matière de formation et de solidarité syndicales, le CNES doit mettre en œuvre une stratégie et développer une activité soutenue dans ce domaine.

Cette stratégie s’articulera autour de trois objectifs :

-  échanges d’informations, d’expériences et de documentation ;

-  la formation syndicale et l’initiation  de réflexions voire de stratégies communes (par exemple au niveau Euro- Méditerranéen, du Maghreb ,du  monde Arabe …) ;

-  développement de la solidarité intersyndicale au niveau international pour la défense des libertés syndicales, des droits sociaux et des services publics essentiels.

            Dans ce domaine le CNES doit concrétiser, à moyen terme, son intégration et sa participation dans les organisations et instantes internationales : Internationale de l’Education (IE), Organisation Internationale du Travail (OIT), Bureau International du Travail (BIT) et autres.

                    La politique économique néo-libérale suivie depuis deux décennies  par la majorité des pays sous l'instigation de l'axe FMI-Banque Mondiale-OMC, instruments au service du capital financier international,  a généré un vaste mouvement mondial de contestation sociale contre cette politique. Ce mouvement s'est structuré sous la forme d'un Forum social qui regroupe  les syndicats et les associations de la société civile ( ex ATTAC) qui luttent pour une mondialisation sociale et démocratique et contre la « marchandisation » du secteur public de l'éducation, de la santé, de  la culture,  de l'administration,  etc.…

         La faillite spectaculaire de l'économie de l'Argentine (pays  présenté pendant deux décennies comme l'élève modèle de l'axe précité), la faillite de grandes sociétés ( suite à  des fraudes fiscales et à des graves malversations financières), ont montré les limites historiques du modèle néo-libéral. Ce modèle bâti sur l'absence de l'Etat tend à être imposé par les  pouvoirs publics à notre pays depuis les accords avec le F.M.I. en 1994.

         Le syndicat CNES est appelé à lutter à l'intérieur du pays avec les autres  syndicats pour la préservation des acquis sociaux ( éducation gratuite, santé gratuite, sécurité sociale, régime des retraites etc.) contre le bradage et pour la défense du potentiel de développement du pays ( ressources énergétiques et  secteur publique industriel productif).

       Le syndicat CNES doit tisser des liens avec les acteurs sociaux indépendants dans le cadre du mouvement social mondial ( à l’exemple du forum social et les associations comme ATTAC )pour  produire des synergies en faveur du développement de notre pays et  aider  avec les autres syndicats, à la création en Algérie  d'associations pour une mondialisation sociale et démocratique.

                                                                                     

                                                                                                Zéralda, le 23/01/2004