PROGRAMME D'ACTION

B2L’axe démocratique doit être sérieusement pris en charge par le CNES car il peut hypothéquer toute la crédibilité et l’efficacité de son action. L’action démocratique du CNES recouvre plusieurs aspects qui renvoient à l’autoritarisme et la gestion oligarchique opaque de l’institution universitaire, à l’exercice syndical bafoué par l’administration universitaire et ministérielle ainsi qu’aux droits et libertés individuelles maltraités quotidiennement à l’université, aux franchises universitaires qui ne sont pas respectées au nom du contexte sécuritaire et sont sujettes à des dépassements très inquiétants  dans l’enceinte universitaire.

            - Le CNES doit combattre l’autoritarisme des chefs d’établissements et les pratiques arbitraires et abus en tout genre auxquels s’est habituée l’administration universitaire. Il doit aussi exiger un droit de regard sur la gestion administrative et financière des universités pour lutter contre les grappillages, les détournements et les choix irrationnels décidés par l’administration responsable des universités. La vitalité du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique  présuppose la transparence et la participation des composantes de l’institution à tous les niveaux de décision. Les textes portant statut des établissements universitaires, ou régissant le fonctionnement des organes opérationnels, sont souvent ignorés et bafoués pour ce qui est des  aspects liés à la participation des différentes composantes  de la communauté universitaire, de même que  les mécanismes de planification des activités, de budgétisation et d’évaluation. La communication entre les différentes composantes de la communauté universitaire a disparu, laissant place au règne de l’anomie, d’une gouvernance oligarchique  et d’une gestion opaque et au développement du clanisme et d’une régulation quasi systématique par les comportements violents.  Le CNES doit se battre pour contrecarrer le laisser-aller et la dissipation des ressources de l’institution universitaire, dont la gouvernance et le fonctionnement doivent rapidement évoluer vers les méthodes modernes qui permettent d’allier l’efficacité et la participation de toutes les composantes.

        Une représentation délibérante des enseignants, à travers des élections libres et sans exclusion d’aucun corps , dans les structures de gestion et de décisions administratives, pédagogiques et scientifiques spécifiques peut amener l’administration universitaire à intégrer les préoccupations des enseignants que les différents conflits et grèves ont mis de l’avant .

- Le congrès recommande que les syndicats dont le CNES  participent à la vie des  organes d’orientation collégiaux  avec statut de membre  et avec voix consultative, comme il recommande que le pouvoir de ces organes ( conseil d’administration, conseil de faculté ou d’institut) soient confortés dans leur pouvoir décisionnel qui les situe au dessus des responsables hiérarchiques spécifiques.

- L’expérience a montré qu’il est indispensable de revendiquer l’élection des responsables spécifiques, du chef de département pédagogique jusqu’au chef d’établissement universitaire. Le CNES doit concevoir et mettre en œuvre une stratégie d’ensemble, active et soutenue, pour concrétiser cet objectif. De même, il est nécessaire de rémunérer correctement ces responsables spécifiques afin d’en garantir l’efficacité, et de les doter des statuts clairs en tenant compte du point de vue des enseignants. La rémunération de ces responsables spécifiques doit se faire sous une forme et un mécanisme distincts de ceux liés aux activités pédagogiques, et permettant de prendre en compte les niveaux de performance des titulaires de postes de responsabilité dans leur tâches de direction et d’animation  des activités, compte tenu des résultats concrets relatifs aux missions institutionnelles, aux programmes et aux normes de travail et de fonctionnement .

- Les élus ( responsables ou non ) doivent être dotés du statut et des moyens nécessaires à l’exercice de leur mandat.

- Enfin, Le CNES appuie l’application du principe de la représentation des étudiants au sein de tous les organes d’orientation des établissements universitaires en élargissant la participation aux représentants du personnel ATS, participations qui doivent être effectives ; de plus les larges prérogatives des différents conseils doivent être scrupuleusement  respectées, notamment par la hiérarchie des établissements .

            - Le CNES doit introduire une culture de respect et de tolérance du droit syndical dans les universités car les différents conflits et grèves vécus par les enseignants ont démontré l’archaïsme et le terrible retard des responsables d’établissements universitaires face au droit d’exercice syndical des enseignants. Le harcèlement vécu par le CNES  depuis plusieurs années  traduit l’absence de toute notion de respect de la loi ou de la réglementation dès qu’il s’agit d’appliquer ou d’interpréter abusivement les injonctions de la tutelle. l’Etat  de  Droit ne doit pas être une notion idéologique abstraite, mais une réalité concrète sur le terrain, que le ministère et les Recteurs sont censés traduire par des comportements et une éthique respectueux du droit et de la Constitution. Le CNES, seul ou avec d’autres syndicats, doit mener une lutte privilégiée sur le terrain des libertés syndicales pour arracher tous les attributs de partenaire social à part entière, y compris le droit à la négociation avec les employeurs à tous les niveaux ,  car il y va de son utilité, de son efficacité, de sa crédibilité, donc de son existence même. Une démarche intellectuelle doit être suscitée  par le CNES pour impliquer activement les enseignants afin d’interpeller les pouvoirs publics, la classe politique et l’opinion publique sur cette question démocratique ( sur la question de la démocratie  l’université ).

De plus, le CNES doit revendiquer fermement sa participation pleine et entière dans toutes les structures de représentation démocratique (dont les commissions paritaires et toutes structures existantes ou qui seront créées) liées à sa mission.

Le CNES doit exiger, conformément  à la loi, des locaux spécifiques avec un minimum standard de moyens ( micros, imprimantes, photocopieurs, téléfax, mobilier…) pour toutes les sections locales au niveau des établissements ou campus universitaires.

           Le CNES doit prendre en charge de toute urgence la normalisation de l’utilisation de son siège national ( indus occupants) et la finalisation de son aménagement et de sa dotation en moyens matériels ( mobilier, petit équipement) et humains ( secrétariat national permanent… ).

- Le CNES doit s’inquiéter très clairement des atteintes aux libertés individuelles qui se sont multipliées ces dernières années et qui parfois trouvent prétexte dans le contexte «  sécuritaire » d’aujourd’hui. Le CNES, ayant conscience du caractère délicat de la question, estime nécessaire qu’il y ait le maximum de concertation sur ce problème, qu’un code de conduite soit défini pour le personnel chargé de la sécurité au niveau des établissements universitaires et que le principe de sécurité ne doit pas empiéter sur les libertés individuelles ni l’expression libre traditionnelle dans l’enceinte des universités, et tout cela évidemment dans le strict respect des lois et règlements. le C.N.E.S. doit s'impliquer plus dans la vie des établissements et mobiliser les enseignants et la communauté universitaire pour contrecarrer le développement de la violence, de la logique émeutière et de l'anomie au niveau des établissements de l'enseignement supérieur et asseoir la culture du respect mutuel. Cela passe par la mise à fin d’une certaine permissivité de la part des responsables qui ne se soucient pas de la qualité du vécu socioprofessionnel de leurs administrés ( et leur remplacement par plus compétents partout où des pratiques de non gestion et de fuite en avant persistent), par un fonctionnement réel des organes de concertation, une rationalisation de la gestion pédagogique et administrative et le développement de l'information et de la communication. Le processus de mobilisation  doit viser, partout où le fonctionnement des établissements est délabré, l'organisation des " états généraux " de l'université pour mettre à plat les problèmes, rénover les règles de travail et déboucher sur un règlement intérieur largement consensuel qui engage toutes les composantes et en particulier les responsables des établissements, quant au respect des droits et devoirs de chacun.

 

- Le CNES doit réactiver et renforcer le pool des avocats pour prendre en charge la défense juridique des enseignants adhérents  pour les questions relevant de l’activité syndicale.  Dans ce but, le C.N.E.S est appelé à mobiliser de façon plus particulière les adhérents juristes et à élargir son assise au niveau des facultés de droit. L'objectif minimal sera de constituer une commission juridique au niveau de chaque région et de mettre en place, au niveau national, un mécanisme permettant de recenser les juristes adhérant au C.N.E.S et  maintenir le contact avec eux, de vulgariser les documents et procédures juridiques auprès de la direction du C.N.E.S et des sections, et de leur faire appel chaque fois que de besoin .

 Le CNES doit se constituer partie civile dans les problèmes de détournements des fonds et ressources de l’Université, et contrecarrer la dissipation et la mauvaise utilisation des ressources de l'université, et de façon plus générale, la mauvaise gestion et les pratiques de gabegie qui sévissent dans beaucoup d'établissements ; à ce titre aussi, les élus du C.N.E.S à tous les niveaux sont appelés à se documenter et à se former en matière de lois et réglementation régissant non seulement le statut et la carrière des enseignants, mais aussi  les établissements et le secteur de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique .

              Le CNES doit privilégier l’activité intellectuelle à travers des débats, des forums, des activités dans l’espace universitaire ou en dehors pour contribuer  faire entendre la voix des universitaires dans les espaces publics, médiatiques ou institutionnels et participer ainsi à l’expression démocratique dans le pays.  Cette tâche que le C.N.E.S a gravement négligée jusque là, doit constituer un de ses grands atouts tant dans la concrétisation de son programme de revendication ( à travers un travail d'explication et de persuasion des institutions, de ses adhérents, de la communauté universitaire et de l'opinion publique et politique ), que dans le renforcement de la place des enseignants du supérieur dans les débats sur les enjeux et défis inhérents à l'avenir et à la vie de la société algérienne et le contexte mondial. Là aussi, le C.N.E.S doit se doter des moyens et des mécanismes au niveau de ses structures organisationnelles nationales et locales ( bulletin syndical du C.N.E.S, " feuilles syndicales " locales, secrétariat national à l'information bien étoffé, programme de manifestations et de productions scientifiques et culturelles propres au syndicat étalé sur l'année et en relation avec la programme d'action du syndicat et les enjeux et questions d'actualité.