RAPPORT DE LA DEUXIEME  SEANCE

      La première intervention présentée par Mr BOUZIDA au lieu et place de Mr DOURARI Abderrazak qui portait sur « la réforme LMD et son opportunité pour l’université Algérienne » pose d’abord les questions préalables qui sont :

     -L’applicabilité du système

     -La question des  moyens humains et des conditions matérielles

     Et ce dans un système qui marginalise les compétences.

 L’intervenant revient rapidement sur les raisons de l’adoption du système LMD par l’Europe ( nécessité d’une uniformisation qui est parallèle à la formation de l’union européenne et de la compétition entre les Etats unis et l’Europe) pour énumérer les avantages théoriques ou annoncés de ce système tels que :

-         La réduction des coûts, de la durée d’occupation des salles et l’accélération de la  mise à la disposition rapide de la société des résultats de la formation.

L’auteur aborde ensuite assez succinctement la question de l’état des lieux, notamment les obstacles qui ne peuvent que contrecarrer la réalisation des résultats cités, et de citer l’absence d’autonomie du champ du savoir, le manque dramatique d’enseignants compétents et motivés, le manque de place…

 Ce retour sur l’état des lieux indique alors qu’il y a un minimum de conditions à remplir pour pouvoir appliquer cette réforme qui a été lancée dans la précipitation.

La deuxième intervention de Mr DERGUINI Arezki et qui portait sur « les réformes dans l’impasse ? » commence par poser nécessaire d’aborder l’analyse de la différence entre le discours en tant que pratique discursif et la pratique non discursif au niveau politique. L’intervenant souligne qu’il y a lieu de mettre en relief les fonctions de cette pratique discursive dont le moindre des effets n’est il pas d’empêcher justement l’autre, le partenaire social dans ce cas, de se signaler par un discours propre. L’auteur ajoute que les seuls moments où il y a cohérence entre discours et pratique ne peuvent être que des moments exceptionnels.

La deuxième partie est consacrée à l’analyse de la différence entre l’esprit des réformes, esprit qui est traduit par des objectifs généreux et généraux mais que l’on oublie rapidement quand il s’agit de traduire cela par une démarche, et les objectifs réellement attendus, objectifs le plus souvent tais.

L’auteur souligne que cette réforme est grosse d’une différentiation lourde de conséquence, non pas parce que c’est une différentiation mais à cause du type et de la nature de cette différentiation.

Pour l’intervenant cette différentiation est en fait un écartèlement de l’enseignement supérieur en deux systèmes, le premier qui devra se mettre à niveau de ce qui se passe au niveau international et qui n’est là pour répondre qu’à ceux qui ont les moyens de cette mise à niveau et un deuxième qui tout en déclarant prendre en charge la préoccupation de la majorité en appelle à son réalisme pour qu’elle se satisfasse d’une université déconnectée.

En fait l’auteur souligne que si ce n’est pas un rejet total de la préoccupation de la majorité c’est parce que cette réponse a aussi pour but de participer au freinage démographique, c'est-à-dire l’inculcation à travers tout le système d’enseignement de valeurs qui auront pour but de modeler cette large frange afin qu’elle  adopte un modèle de vie et de consommation à même de participer à la maîtrise de la natalité et partant de la démographie.

 

Lors des débats et malgré l’absence du premier intervenant il y a lieu de noter qu’a été posé la question de savoir si l’autonomisation du champ du savoir est une condition pour réussir une réforme ou si cette question fait partie elle-même des réformes puisque l’on ne verra jamais le champ du savoir s’autonomiser en l’absence de sujets prenant en charge cette question.

Les remarques posés quand à la seconde intervention ont eu pour fonction de s’interroger sur ce qui est désigné par freinage démographique ainsi que de savoir si réellement c’est un des objectifs voulus à la réforme.

Les autres remarques abordent la question de savoir si l’on peut réformer sans l’avis et participation du partenaire social et sans réforme du statut de l’enseignant universitaire.

                                                                                                  Kaddour  CHOUICHA