Articles du journal -Le soir d'Algérie
Actualités
: UNIVERSITÉ ABDERRAHMANE-MIRA DE BEJAIA
"Université
et Marché du travail :
"L'UNIVERSITE ALGERIENNE ACCUSE UN
DEFICIT D'ENCADREMENT:Plus
de 40 000 enseignants doivent être recrutés d’ici 2008", Le Soir
d'Algérie du 14 juillet 2004.
ci joint un
article de presse suite au rassemblement
Le bras de fer qui oppose
la coordination
Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2004/10/24/article.php?sid=14900&cid=2
Université
et Marché du travail :
Deux
parallèles qui ne se rencontrent pas
L’université algérienne
est encore une fois mise à l’index. En plus d’accuser un grave manque à
gagner en matière d’enseignants, elle est en total décalage avec les besoins
du marché du travail. Un constat réitéré hier lors d’un colloque
international consacré au rôle des ressources humaines dans le développement
économique et social.
Nawal Imès - Alger (Le Soir) - L’université continue de former sans se
soucier des mutations économiques en cours. Plusieurs filières, aujourd’hui,
obsolètes et sans débouchés figurent toujours au programme; à croire que
c’est en véritable autarcie que vivent facultés et instituts. Un état des
lieux décrié hier par les économistes invités à participer au colloque
organisé par l’Association nationale des économistes algériens et de la
Fondation Adenauer. Mourad Medelci, ex-ministre du Commerce et conseiller auprès
du président de la République n’a pas hésité à mettre le doigt sur l’épineuse
problématique de la formation, expliquant que l’université doit
aujourd’hui former pour être en totale adéquation avec les technologies de
demain. Un pari difficile à gagner au regard de la réalité. Ce qu’il préconise,
c’est «la création de passerelles entre les universités et la sphère économique».
Une solution loin d’être utopique et qui pourrait être applicable pour peu
que la modernisation cesse d’être un discours pour trouver enfin un chemin
vers l’application. Pour sa part, le docteur Bahloul, président de l’Association
des économistes algériens a fait le parallèle entre le rendement de
l’université et l’économie. Sans appel, le constat est alarmant : les répercussions
sont ressenties par l’ensemble des opérateurs. «Il n’est pas évident que
la coordination entre le développement économique et le développement humain
dans notre pays ait pris la place qui lui revient». a-t-il indiqué, déplorant
le manque d’investissements en Algérie qui trouve son explication aussi bien
dans les lenteurs administratives que dans le retard accumulé par l‘université.
Sont mises en cause la qualité de l’enseignement dispensé, la formation
continue et la marginalisation de la recherche scientifique. «La qualité de
l’enseignement souffre d’un manque de révision profonde dans le sens
d’une revalorisation des programmes conformément aux nécessités de notre époque,
les rapports entre les établissements d’enseignement et de formation et leur
environnement sont faibles et provoquent un isolement évident entre le secteur
de la formation et celui de l’emploi ». a-t-il estimé avant d’ajouter que
«la régression de la formation pratique et le recyclage dans la plupart des
entreprises économiques algériennes depuis le début de la décennie 1980 ont
eu pour effet d’affaiblir la productivité du travail qui s’est répercutée
négativement sur le rendement de l’établissement ». L’autre point noir
soulevé, la mise à l’écart de la recherche scientifique qui ne profite que
de 0,4 % du budget annuel. Un taux dérisoire qui résume a lui seul le peu
d’intérêt porté au secteur…
N. I.
L'UNIVERSITE ALGERIENNE ACCUSE UN DEFICIT D'ENCADREMENT
Plus de 40 000 enseignants doivent être recrutés d’ici 2008
Le Soir d'Algérie, 14 juillet 2004
L’université algérienne accuse un important déficit dans l’encadrement
pédagogique et doit recruter 43 300 nouveaux enseignants, à l’horizon 2008.
Un constat relevé hier à l’Ecole nationale d’administration (ENA) par le
ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, M.
Rachid Harraoubia, en ouverture des travaux de deux journées d’études et de
réflexions sur «l’encadrement universitaire : réalités et perspectives».
En fait, le nombre total des enseignants permanents, toutes spécialités et
tous corps confondus, est actuellement de 23 205 encadreurs dont 3 442 seulement
sont des enseignants de rang magistral. Cet encadrement universitaire de rang
magistral compte actuellement 1408 professeurs, 2 034 maîtres de conférences,
9077 maîtres-assistants chargés de cours, 9 557 maîtres-assistants, 885
assistants et 244 professeurs ingénieurs. L’effectif global des étudiants
est estimé à 647 371 étudiants (en graduation et 1ère post-graduation), en
comptant actuellement 127 793 nouveaux bacheliers et 632 832 étudiants en
graduation, outre 84 700 sortants, avec un taux moyen d’accroissement du
nombre d’étudiants de l’ordre de 11,5% par an. Le ratio national moyen
d’encadrement est d’un enseignant pour 28 étudiants, en deçà de la norme
internationale estimée à 1 enseignant pour 15 étudiants et exprime en fait un
déficit de près de 24 400 nouveaux enseignants. Un manque qu’il faudra
compenser à l’horizon 2008 sur la base d’un taux d’encadrement moyen de 1
enseignant pour 21 étudiants. Si l’Algérie ambitionne d’atteindre la norme
internationale, il faudra, alors, recruter 43 300 nouveaux enseignants et si le
taux actuel est maintenu, il faudra recruter 12 500 nouveaux enseignants. Dans
les trois cas, l’encadrement de rang magistral nécessite respectivement 4
600,10 800 et 2 200 nouveaux professeurs et maîtres de conférences. Cela étant,
ce déficit quantitatif et qualitatif n’est pas homogène dans tous les établissements
d’enseignement supérieur et entre spécialités dans un même établissement.
A titre d’exemple, ce taux d’encadrement peut varier de 1 enseignant pour 28
étudiants dans un établissement universitaire à 1 enseignant pour 35 dans un
autre établissement. Parmi les spécialités qui accusent un déficit
important, on cite l’informatique, les sciences juridiques, administratives et
politiques, les sciences économiques, commerciales et de gestion, les langues
étrangères, l’interprétariat et la pharmacie. Outre cette faiblesse
quantitative, la qualité de l’encadrement est loin d’être satisfaisante
puisque à peine 15% du corps des enseignants universitaires sont de rang
magistral. Soit un ratio de 1 enseignant de rang magistral pour 188 étudiants
alors que la norme communément admise est de 1 enseignant de rang magistral
pour 70 étudiants. Un déficit en professeurs et maîtres de conférences évalué
actuellement à environ 5 800 enseignants. Audelà du statut dévalorisant et
des problèmes relatifs à l’administration et la gestion des carrières de
l’enseignant universitaire, le ministre de tutelle a tenu à expliciter cette
problématique, notamment par l’augmentation rapide du nombre de nouveaux
inscrits à l’université par rapport à celle du nombre des diplômés
sortants, l’extension rapide du réseau de l’enseignement supérieur (étendu
sur 38 villes, il comprend 58 établissements dont 27 universités) et par la
faiblesse relative du rendement de la formation post-graduée dont la
reproduction de l’encadrement universitaire dépend de façon quasi exclusive.
A ce propos, les inscrits en post-graduation représentent un effectif de 27 927
soit 5% de l’effectif total dont 14376 inscrits en magistère (ancien et
nouveau régime), 5 100 inscrits en résidanat des sciences médicales et 8 800
inscrits en doctorat (ancien et nouveau régime). Compte tenu de ce faible
rendement et de la lenteur, voire de la stagnation, de l’évolution des post-graduants
si les choses restent telles quelles, il ne sera pas possible, selon M.
Harraoubia, de reproduire à moyen terme le rang magistral. Cela sachant que la
durée théorique du magistère n’est que de deux ans, le taux de soutenance
dans les temps impartis est quasiment insignifiant et même la limitation depuis
1998 de la durée de réalisation des mémoires pour les étudiants
retardataires et la mise en place du magistère «nouveau régime» ont eu un
effet certes positif mais cependant insuffisant et qui ne s’est pas encore
manifesté au niveau du doctorat. De même, il a relevé l’inadéquation entre
l’offre (profils de formation) et la demande (besoins réels) et les lourdeurs
administratives, certaines mentalités et pratiques qui «font que l’université
ne bénéficie pas pleinement des ressources disponibles et n’utilise pas les
potentialités existantes de façon optimale». D’autre part, le secteur a dû
recourir à la formation à l’étranger, 1 452 étudiants ayant bénéficié
à ce jour d’une bourse de formation post-graduée à l’étranger. Néanmoins,
l’impact de ce programme sur le renforcement de l’encadrement reste
insignifiant au regard des retours de formation, seuls 65 des 1 452 boursiers
ont réintégré le pays, soit un taux de 4,5%, en raison des conditions
difficiles de réinsertion. En vue d’atténuer ce manque d’encadrement, la
tutelle a impulsé depuis quelques années diverses mesures dont l’ouverture
de 7 500 nouveaux postes budgétaires durant la période 2000-2003, soit l’équivalent
du tiers du nombre total des enseignants et une amélioration qualitative de la
structure du corps enseignant, par une augmentation sensible du nombre
d’enseignants de rang magistral. Néanmoins, ces postes n’ont pu être
pourvus en totalité du fait de la non-disponibilité de certains profils demandés.
Mais aussi des mesures relatives à la durée de préparation du mémoire de
magistère, appliquées depuis 1998, la valorisation des tâches accessoires et
l’appel aux enseignants associés et aux enseignants invités. Des mesures
dont l’effet a eu un impact positif mais reste néanmoins insuffisant, selon
M. Harraoubia, pour faire face au flux sans cesse croissant des effectifs
estudiantins.
par Chérif Bennaceur