Articles du journal -Le soir d'Algérie


Actualités : UNIVERSITÉ ABDERRAHMANE-MIRA DE BEJAIA , Le CNES et le SNAPAP menacent d’une grève les 6, 7 et 8 novembre prochain

"Université et Marché du travail : Deux parallèles qui ne se rencontrent pa,s" Edition du soir d’Algérie du 18 Juillet 2004.

"L'UNIVERSITE ALGERIENNE ACCUSE UN DEFICIT D'ENCADREMENT:Plus de 40 000 enseignants doivent être recrutés d’ici 2008", Le Soir d'Algérie du 14 juillet 2004. 


ci joint un article de presse suite au rassemblement tenu devant le rectorat et la conférence de presse tenue le samedi 24 Octobre 2004

  Actualités : UNIVERSITÉ ABDERRAHMANE-MIRA DE BEJAIA , Le CNES et le SNAPAP menacent d’une grève les 6, 7 et 8 novembre prochain.

Le bras de fer qui oppose la coordination intersyndicale de l’université Abderrahmane-Mira, CNES et  SNAPAP, au rectorat persiste. Après la grève de deux journées observée les 10 et 11 octobre passé et qui a connu un franc succès avec un taux de suivi de 90%, les enseignants et les ATS menacent de renouer avec la protestation en observant des actions plus radicales pour faire aboutir leurs revendications. Les dates des 6, 7 et 8 de novembre prochain ont été déjà arrêtées par le CNES de Béjaïa pour un autre mouvement de grève afin d’exiger l’ouverture d’un dialogue avec l’administration de l’université et la prise en charge de leurs doléances notamment “l’amélioration des conditions de travail des deux franges de l’université (ATS et enseignants), l’attribution immédiate d’un quota de logements conséquent ainsi que la mise en place d’une politique claire du logement (statuts et quota régulier) lit-on dans un document des protestataires. La proposition d’un autre débrayage de trois journées comme moyen de pression sur l’administration aurait déjà reçu l’accord de principe de l’autre syndicat de l’université Abderrahmane-Mira à savoir le SNAPAP qui doit tenir une assemblée générale de ses adhérents dans les prochains jours pour son adoption, a-t-on appris des syndicalistes du CNES. De son côté, le CNES n’écarte pas l’éventualité de recourir à une grève illimitée pour “se faire entendre”. Lors d’un point de presse animé conjointement par les responsables du CNES et du SNAPAP dans la matinée de ce samedi, les conférenciers se sont élevés contre le comportement “scandaleux” du premier responsable de l’université, lequel, accuse-t-on, “au lieu de répondre favorablement aux revendications légitimes des travailleurs continue de les menacer individuellement : chantage, retenues sur salaire et d’autres procédés divers”, a-t-on déclaré. Les syndicalistes ont également dénoncé “le refus” du responsable de l’université de recevoir une délégation commune de la coordination intersyndicale de l’université – CNES et SNAPAP – au terme de leur rassemblement observé devant le rectorat le mardi dernier. “L’excès de zèle de ce fonctionnaire a fait qu’il a devancé Ouyahia dans ses mesures coercitives décidées à l’égard des syndicats ayant appelé à des mouvements de grève”, ironise un responsable du CNES de Béjaïa. Par ailleurs, une motion de soutien a été adressé, selon Aïssat Kamel, responsable du CNES au Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSSP) en grève illimitée depuis plusieurs jours. Le même syndicaliste a violemment dénoncé la politique du chef du gouvernement visant “la remise en cause du droit de grève qui est un acquis de haute lutte des travailleurs, la fermeture du champ social et démocratique en général”, a-t-il affirmé.

Source de cet article :

http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2004/10/24/article.php?sid=14900&cid=2

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Université et Marché du travail :

Deux parallèles qui ne se rencontrent pas

  Edition du soir d’Algérie du 18 Juillet 2004

L’université algérienne est encore une fois mise à l’index. En plus d’accuser un grave manque à gagner en matière d’enseignants, elle est en total décalage avec les besoins du marché du travail. Un constat réitéré hier lors d’un colloque international consacré au rôle des ressources humaines dans le développement économique et social.
Nawal Imès - Alger (Le Soir) - L’université continue de former sans se soucier des mutations économiques en cours. Plusieurs filières, aujourd’hui, obsolètes et sans débouchés figurent toujours au programme; à croire que c’est en véritable autarcie que vivent facultés et instituts. Un état des lieux décrié hier par les économistes invités à participer au colloque organisé par l’Association nationale des économistes algériens et de la Fondation Adenauer. Mourad Medelci, ex-ministre du Commerce et conseiller auprès du président de la République n’a pas hésité à mettre le doigt sur l’épineuse problématique de la formation, expliquant que l’université doit aujourd’hui former pour être en totale adéquation avec les technologies de demain. Un pari difficile à gagner au regard de la réalité. Ce qu’il préconise, c’est «la création de passerelles entre les universités et la sphère économique». Une solution loin d’être utopique et qui pourrait être applicable pour peu que la modernisation cesse d’être un discours pour trouver enfin un chemin vers l’application. Pour sa part, le docteur Bahloul, président de l’Association des économistes algériens a fait le parallèle entre le rendement de l’université et l’économie. Sans appel, le constat est alarmant : les répercussions sont ressenties par l’ensemble des opérateurs. «Il n’est pas évident que la coordination entre le développement économique et le développement humain dans notre pays ait pris la place qui lui revient». a-t-il indiqué, déplorant le manque d’investissements en Algérie qui trouve son explication aussi bien dans les lenteurs administratives que dans le retard accumulé par l‘université. Sont mises en cause la qualité de l’enseignement dispensé, la formation continue et la marginalisation de la recherche scientifique. «La qualité de l’enseignement souffre d’un manque de révision profonde dans le sens d’une revalorisation des programmes conformément aux nécessités de notre époque, les rapports entre les établissements d’enseignement et de formation et leur environnement sont faibles et provoquent un isolement évident entre le secteur de la formation et celui de l’emploi ». a-t-il estimé avant d’ajouter que «la régression de la formation pratique et le recyclage dans la plupart des entreprises économiques algériennes depuis le début de la décennie 1980 ont eu pour effet d’affaiblir la productivité du travail qui s’est répercutée négativement sur le rendement de l’établissement ». L’autre point noir soulevé, la mise à l’écart de la recherche scientifique qui ne profite que de 0,4 % du budget annuel. Un taux dérisoire qui résume a lui seul le peu d’intérêt porté au secteur…
N. I.  

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L'UNIVERSITE ALGERIENNE ACCUSE UN DEFICIT D'ENCADREMENT

Plus de 40 000 enseignants doivent être recrutés d’ici 2008

Le Soir d'Algérie, 14 juillet 2004

L’université algérienne accuse un important déficit dans l’encadrement pédagogique et doit recruter 43 300 nouveaux enseignants, à l’horizon 2008. Un constat relevé hier à l’Ecole nationale d’administration (ENA) par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, M. Rachid Harraoubia, en ouverture des travaux de deux journées d’études et de réflexions sur «l’encadrement universitaire : réalités et perspectives».
En fait, le nombre total des enseignants permanents, toutes spécialités et tous corps confondus, est actuellement de 23 205 encadreurs dont 3 442 seulement sont des enseignants de rang magistral. Cet encadrement universitaire de rang magistral compte actuellement 1408 professeurs, 2 034 maîtres de conférences, 9077 maîtres-assistants chargés de cours, 9 557 maîtres-assistants, 885 assistants et 244 professeurs ingénieurs. L’effectif global des étudiants est estimé à 647 371 étudiants (en graduation et 1ère post-graduation), en comptant actuellement 127 793 nouveaux bacheliers et 632 832 étudiants en graduation, outre 84 700 sortants, avec un taux moyen d’accroissement du nombre d’étudiants de l’ordre de 11,5% par an. Le ratio national moyen d’encadrement est d’un enseignant pour 28 étudiants, en deçà de la norme internationale estimée à 1 enseignant pour 15 étudiants et exprime en fait un déficit de près de 24 400 nouveaux enseignants. Un manque qu’il faudra compenser à l’horizon 2008 sur la base d’un taux d’encadrement moyen de 1 enseignant pour 21 étudiants. Si l’Algérie ambitionne d’atteindre la norme internationale, il faudra, alors, recruter 43 300 nouveaux enseignants et si le taux actuel est maintenu, il faudra recruter 12 500 nouveaux enseignants. Dans les trois cas, l’encadrement de rang magistral nécessite respectivement 4 600,10 800 et 2 200 nouveaux professeurs et maîtres de conférences. Cela étant, ce déficit quantitatif et qualitatif n’est pas homogène dans tous les établissements d’enseignement supérieur et entre spécialités dans un même établissement. A titre d’exemple, ce taux d’encadrement peut varier de 1 enseignant pour 28 étudiants dans un établissement universitaire à 1 enseignant pour 35 dans un autre établissement. Parmi les spécialités qui accusent un déficit important, on cite l’informatique, les sciences juridiques, administratives et politiques, les sciences économiques, commerciales et de gestion, les langues étrangères, l’interprétariat et la pharmacie. Outre cette faiblesse quantitative, la qualité de l’encadrement est loin d’être satisfaisante puisque à peine 15% du corps des enseignants universitaires sont de rang magistral. Soit un ratio de 1 enseignant de rang magistral pour 188 étudiants alors que la norme communément admise est de 1 enseignant de rang magistral pour 70 étudiants. Un déficit en professeurs et maîtres de conférences évalué actuellement à environ 5 800 enseignants. Audelà du statut dévalorisant et des problèmes relatifs à l’administration et la gestion des carrières de l’enseignant universitaire, le ministre de tutelle a tenu à expliciter cette problématique, notamment par l’augmentation rapide du nombre de nouveaux inscrits à l’université par rapport à celle du nombre des diplômés sortants, l’extension rapide du réseau de l’enseignement supérieur (étendu sur 38 villes, il comprend 58 établissements dont 27 universités) et par la faiblesse relative du rendement de la formation post-graduée dont la reproduction de l’encadrement universitaire dépend de façon quasi exclusive. A ce propos, les inscrits en post-graduation représentent un effectif de 27 927 soit 5% de l’effectif total dont 14376 inscrits en magistère (ancien et nouveau régime), 5 100 inscrits en résidanat des sciences médicales et 8 800 inscrits en doctorat (ancien et nouveau régime). Compte tenu de ce faible rendement et de la lenteur, voire de la stagnation, de l’évolution des post-graduants si les choses restent telles quelles, il ne sera pas possible, selon M. Harraoubia, de reproduire à moyen terme le rang magistral. Cela sachant que la durée théorique du magistère n’est que de deux ans, le taux de soutenance dans les temps impartis est quasiment insignifiant et même la limitation depuis 1998 de la durée de réalisation des mémoires pour les étudiants retardataires et la mise en place du magistère «nouveau régime» ont eu un effet certes positif mais cependant insuffisant et qui ne s’est pas encore manifesté au niveau du doctorat. De même, il a relevé l’inadéquation entre l’offre (profils de formation) et la demande (besoins réels) et les lourdeurs administratives, certaines mentalités et pratiques qui «font que l’université ne bénéficie pas pleinement des ressources disponibles et n’utilise pas les potentialités existantes de façon optimale». D’autre part, le secteur a dû recourir à la formation à l’étranger, 1 452 étudiants ayant bénéficié à ce jour d’une bourse de formation post-graduée à l’étranger. Néanmoins, l’impact de ce programme sur le renforcement de l’encadrement reste insignifiant au regard des retours de formation, seuls 65 des 1 452 boursiers ont réintégré le pays, soit un taux de 4,5%, en raison des conditions difficiles de réinsertion. En vue d’atténuer ce manque d’encadrement, la tutelle a impulsé depuis quelques années diverses mesures dont l’ouverture de 7 500 nouveaux postes budgétaires durant la période 2000-2003, soit l’équivalent du tiers du nombre total des enseignants et une amélioration qualitative de la structure du corps enseignant, par une augmentation sensible du nombre d’enseignants de rang magistral. Néanmoins, ces postes n’ont pu être pourvus en totalité du fait de la non-disponibilité de certains profils demandés. Mais aussi des mesures relatives à la durée de préparation du mémoire de magistère, appliquées depuis 1998, la valorisation des tâches accessoires et l’appel aux enseignants associés et aux enseignants invités. Des mesures dont l’effet a eu un impact positif mais reste néanmoins insuffisant, selon M. Harraoubia, pour faire face au flux sans cesse croissant des effectifs estudiantins.


par Chérif Bennaceur

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